The Haitian people who belong to the Lavalas movement see that Lavalas = Lespwa and Lespwa = Lavalas, but that does not necessarily means that Aristide = Preval, and Preval = Aristide.
Preval currently enjoys a support in Haiti and internationally that even Aristide didn't enjoy.
If Aristide was accused of class warfare, the same can not be said about Preval.
Anyway, I invite you to read the analysis below in french by Haiti en Marche:
___________... en Marche, 24 Février 2006
MIAMI, 24 Février - Que l'ex-président Jean-Bertrand Aristide désire retourner dans son pays, c'est son droit constitutionnel.
Le président élu René Préval a été clair.
La constitution haïtienne (article 41.1) autorise tout citoyen haïtien à aller et venir librement dans son pays, sans être soumis à l'obligation d'un visa, comme sous les régimes dictatoriaux.
Cependant l'article suivant (42) est tout aussi clair.
Personne n'est au-dessus de la loi au cas où l'on est sous le coup d'une action judiciaire.
Qu'une certaine presse n'ait voulu retenir que le premier de ces deux articles, libre à elle...
Que monsieur Aristide essaie de lancer une campagne médiatique pour faire avancer sa cause, libre aussi à lui.
Par contre, quand il proclame que c'est "pour son retour" que Haïti a voté aussi massivement le 7 février dernier, nous disons que monsieur Aristide se trompe.
Il met tout à fait à côté de la plaque.
Le 7 février 2006, le peuple haïtien a voté pour sa survie, pour ne pas se faire assassiner jusqu'au dernier...
Soit par balles, soit par la famine et toutes les privations auxquelles il a été soumis pendant les deux années terribles qui ont suivi la chute du régime Lavalas de monsieur Aristide en février 2004.
Assurer jour et nuit la défense de son vote!...
Le peuple a voté devant une situation de vie ou de mort et parce que ceux qui ont vaincu monsieur Aristide en février 2004, ne lui en laissaient pas le choix.
C'était voter comme ça ou la mort!
Qui dit mieux, assurer jour et nuit la défense de son vote pour qu'on n'en déforme pas le sens ou pis encore, ne l'évacue dans la décharge publique au nord de la capitale.
Mais voter pour le retour de monsieur Aristide est un luxe que personne en Haïti ne peut aujourd'hui se permettre.
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.
A la limite, le peuple n'a même pas voté Préval en tant que tel. On a voté Haïti, notre pauvre Haïti qui mérite qu'on s'occupe enfin un peu d'elle, et avant tout autre.
Et le plus grand reproche qu'on puisse adresser à cette nouvelle opération Aristide est qu'elle vise à tirer la couverture à soi pour servir la seule cause de monsieur Aristide.
Or le plus grand bien que monsieur Aristide puisse faire aujourd'hui à Haïti, c'est lui laisser un peu reprendre son souffle.
Ses dernières déclarations visent l'effet contraire.
Un "pavé dans la mare"...
La victoire de René Préval a été suivie non seulement d'une reconnaissance internationale - sans une seule exception, mais également, chose inouïe, la classe politique haïtienne dans sa presque totalité, a salué le vainqueur, avec toutes les réserves que de droit.
Or monsieur Aristide n'a plus aucune crédibilité ni dans la classe politique haïtienne.
Ni dans la plupart des grandes chancelleries...
Aussi la presse anti-Lavalas de se réjouir de ce "pavé dans la mare." Et avec raison...
Monsieur Aristide ne peut en effet aboutir qu'à tout bousiller: à la fois le début de concertation qui commence à poindre à l'intérieur...
Et à l'extérieur, les bonnes dispositions annoncées vis-à -vis d'Haïti.
Or monsieur Aristide est en problème avec Washington, Paris et Ottawa...
Mais en même temps, on ne l'a vu trouver aucun support véritable à La Havane, ni à Caracas, voire à Santo Domingo.
Pas plus du côté du Brésil ou du Chili, ou des autres capitales sud-américaines, avant tout aujourd'hui intéressés au retour de la stabilité en Haïti.
Donc s'opposant à tout ce qui est susceptible de ré-alimenter l'instabilité.
Une sortie inopinée et unilatérale...
Jusqu'à la communauté caraïbe (CARICOM) qui a tenu tête pendant deux ans dans son refus d'admettre le renversement par la force d'un président constitutionnellement élu d'Haïti, mais qui vient d'annoncer après les résultats des élections du 7 février que Haïti est à nouveau la bienvenue comme membre à part entière.
Et c'est tout cela que monsieur Aristide menace de mettre en péril par sa sortie totalement inopinée et unilatérale.
Ensuite comment peut-il proclamer que le peuple haïtien a voté pour son retour, quand lui-même a cherché au contraire à décourager le peuple à aller aux dernières élections?
Selon l'argumentation: aller aux élections, c'est accepter la logique du "coup d'état" du 29 février 2004!
Ainsi tous les premiers temps du processus électoral l'année dernière, les bureaux d'inscription demeurèrent vides.
Le peuple bouda la carte d'identification nationale (également carte électorale).
Malgré que celle-ci fut gratuite.
Le mouvement se relâcha quelque peu quand la rumeur d'une candidature à la présidence du père Gérard Jean-Juste, un fidèle du président exilé et qui lui avait rendu visite en Afrique du Sud, se mit à courir.
Lorsque Jean-Juste fut jeté en prison par le pouvoir de transition pour des motifs qui se révéleront sans fondement, le mot d'ordre de boycott revint en application.
La cellule de communication du parti Fanmi Lavalas (en exil) s'indigna que la presse haïtienne (en Haïti) eut rapporté que l'ex-président avait demandé au peuple d'aller "faire sa carte."
A ce sujet, les messages échangés par Internet existent encore.
Mais soudain, René Préval annonce sa candidature.
Les uns et les autres pris de court...
Surprise dans les secteurs de l'ancienne opposition qui occupent toutes les avenues du pouvoir intérimaire, ainsi que l'institution électorale.
René Préval, 63 ans, et ancien président de la république (1996-2001), lance sa candidature sous une nouvelle étiquette: l'Espoir (en créole LESPWA) et non sous celle du parti d'Aristide, Fanmi Lavalas.
Lors des tournées du candidat aux quatre coins du pays, il est accueilli partout par des dizaines de milliers de personnes qui l'écoutent avidement.
Ses opposants sont pris de court.
Ils ne trouvent plus qu'une seule parade: la désinformation.
Puis finalement, la diffamation pure et simple.
On connaît la suite.
Les élections, reportées à quatre reprises (et pour cause), ont finalement lieu le 7 février dernier.
Malgré toutes sortes de magouilles et manipulations pour lui barrer la route, le candidat de LESPWA est proclamé vainqueur au premier tour avec 51.15% des voix.
Hormis un Leslie Manigat qui semble penser qu'il aurait pu être le vainqueur avec seulement les 12% qu'il a recueillis, tous les candidats ayant pignon sur rue ont concédé la victoire à leur rival, quoique celui-ci venant du camp ennemi, c'est-à -dire le Lavalas, considéré comme sa chasse gardée par monsieur Aristide.
Or L'Espoir ce n'est pas seulement le Lavalas (mais c'est une autre histoire sur laquelle nous pourrons revenir une autre fois).
Monsieur Aristide ne peut donc vouloir récolter ce qu'il n'a pas semé.
On ne sait pas si des radios haïtiennes à l'étranger aient pu, à la dernière minute, faire coïncider une campagne pour son retour à celle autour des élections du 7 février.
Mais une telle entreprise n'a pas touché le pays (le pays réel).
Loin de là .
Sinon d'ailleurs, les élections auraient sûrement été renvoyées pour une énième fois.
Un galimatias...
La preuve en est que son parti, Fanmi Lavalas, est allé aux élections de son propre côté, derrière la candidature de Marc Bazin du MIDH.
En même temps que de petits groupes isolés appelaient désespérément Préval à faire une grande alliance avec les autres branches Lavalas.
Préval n'y a pas répondu, n'y trouvant aucun intérêt, et fort de l'avance imbattable de l'Espoir.
Au dernier moment, le bruit courut que Fanmi Lavalas n'allait pas aux élections.
Un véritable galimatias.
Comme ce fut le cas depuis cette mystérieuse nuit du 29 février 2004, ou comment un président toujours au faîte de sa popularité (comme les événements subséquents dans le pays le prouveront) se laisse embarquer sans aucune résistance.
Depuis, toutes les démarches de monsieur Aristide, et de la petite équipe qui s'est embarquée avec lui, ne sont toujours pas sorties de cette ambivalence.
Enfin nous voici au sommet de l'ambivalence où monsieur Aristide se met à travailler, objectivement, pour l'opposition, son ancienne opposition.
Toutefois ce n'est pas à nous d'en décider!!!...
Après avoir épuisé toutes leurs cartes, il ne restait en effet aux plus farouches opposants à René Préval que l'allégation selon laquelle, ayant été le protégé d'Aristide, le président élu va travailler selon toute probabilité au retour de son ancien mentor.
Monsieur René Préval s'en est défendu jusqu'Ã présent tant qu'il a pu.
Retenez toutefois que ce n'est pas à nous d'en décider.
La politique haïtienne réserve souvent bien des surprises !
Mais il n'est pas difficile de constater que monsieur Aristide, en agissant de la sorte, ne peut que saboter les résultats obtenus par le président élu à la fois intérieurement (baisse immédiate dans l'instabilité générale et une trêve avec des adversaires hier encore intraitables) et sur le plan international où l'image du pays a, pour la première fois depuis plusieurs années, une chance de se relever un tant soit peu...
Mais ce n'est pas tant Préval qui est en cause.
C'est un mauvais coup porté à Haïti.
Car c'est Haïti qui a le plus besoin de ces quelques changements.
Sinon c'est la fin...
Messieurs, cessez de faire de la politique (votre politique!) avec ce malheureux pays!
Donnez lui enfin une chance.
Il a assez lutté pour.
Haiti en Marche, 24 Février 2006
Lespwa ce n'est pas que Lavalas
EDITORIAL
MIAMI, 26 Février - Les médias occidentaux qualifient le président élu René Préval de "candidat de la majorité pauvre du pays".
C'est vrai. Mais l'électorat du candidat de la Plate-forme L'Espoir couvre un domaine encore plus grand.
Dans la foule qui est descendue au Champ de Mars le mercredi 15 février, au lendemain de la proclamation de sa victoire (51.15% des voix) par le conseil électoral provisoire (CEP), se trouvaient aussi, entre autres, de nombreux citoyen-nes de la classe moyenne et un grand nombre d'étudiant-es.
La différence était frappante avec les grandes manifestations qui rassemblaient principalement les couches populaires de la capitale sous la dernière présidence de Jean Bertrand Aristide.
Si ce sont les plus pauvres (quartiers populaires des grandes villes et surtout la paysannerie aux quatre coins du pays) qui ont constitué le fer de lance de la victoire de René Préval, l'ex-président (1996-2001) a récolté aussi le 7 février 2006 un nombre considérable de votes dans des zones moins défavorisées de la capitale et ses faubourgs.
En effet, il remporte à Port-au-Prince un peu moins de 70% des votes (69.42%)
et près de 63% pour tout le département de l'Ouest.
Cela malgré toutes les manipulations que l'on sait...
Mais plus surprenante est la performance de l'Espoir dans des faubourgs considérés comme le fief des gens les plus aisés du pays. En effet, dans la commune de Pétion-ville, Préval s'impose avec 63.82% des voix, contre 14.21% pour Leslie Manigat et, en troisième position, l'industriel mulâtre Charles Henri Baker (7.82%).
Electeurs venus du camp d'en face...
Donc Manigat et Baker, les deux plus éminents représentants de la classe possédante, font à eux deux, et dans ces mêmes milieux, à peine le tiers du score du candidat dit de "la majorité pauvre."
On objectera du grand nombre de bidonvilles qui ont poussé également dans ces hauteurs entourant la capitale.
Dont le fameux "Jalouzi" surplombant Pétion-ville...
Il n'empêche que les résultats sont là .
Pourquoi beaucoup de ces votants de l'Espoir ne seraient-ils pas venus du camp d'en face?
D'abord ce slogan de " candidat de la majorité pauvre " n'est pas tellement innocent.
Les médias ou plutôt " propagandistes " qui l'utilisent à tours de bras, le font à dessein, dans un but bien précis: lier Préval au dernier régime Aristide, et à toutes les dérives qu'on a pu reprocher à ce dernier.
Préval - LESPWA = Aristide - Fanmi Lavalas.
Dans le même ordre d'idées: Peuple = Lavalas = Chimères = Kidnappeurs !
Et les mêmes n'ont pas désarmé, d'autant que des déclarations comme celles de l'ex-président Aristide proclamant que le peuple a voté le 7 février dernier "pour son retour" apportent littéralement de l'eau à leur moulin.
Mr.
Aristide n'a cependant pas osé prétendre qu'il a financé également la campagne de l'Espoir.
Il est supposé n'avoir pas le sou depuis le 29 février 2004. Or c'est l'une des campagnes les mieux organisées qu'on n'avait jamais vues en Haïti.
La facture aurait été payée par de grandes boites du secteur privé local.
On serait étonné que ces dernières acceptent de s'investir autant pour le "retour" d'un président que les possédants (et les classes moyennes en général) ne portent pas dans leur coeur.
Le candidat de l'union des noirs et des clairs !...
On ne doit donc pas écarter que René Préval ait pu bénéficier d'un grand nombre de votes qui auraient pu aller à l'un ou l'autre de ses compétiteurs, représentants en titre de la classe possédante ou des classes moyennes.
Nous citons Charles Henri Baker, Leslie Manigat.
Mais aussi Evans Paul (Alyans), Serge Gilles (Fusion des sociaux democrates) etc.
Pour commencer, le vote de Baker s'est de lui-même sectarisé, du moins à la capitale, et avec ou contre son gré, en une affaire quasi ethnique.
Des compatriotes au teint clair se sont rangés automatiquement sous son drapeau.
Un avantage dont le candidat était conscient au point de l'utiliser dans sa propagande (Ã coups de spots télévisés) le présentant comme le candidat de l'union des noirs et des clairs.
Poussant un peu plus loin l'argument épidermique, "Charlito" déclara au correspondant local de l'AFP que des compatriotes de la majorité (entendez noire) lui ont dit que ce sont "des gens comme eux qui les ont maltraités" et qu'ils veulent maintenant "quelqu'un de nouveau."
Or cette même particularité (ou ce particularisme même) peut également avoir repoussé ou désorienté d'autres électeurs potentiels, des citoyens qui avaient pactisé avec l'ex-numéro 2 du Groupe des 184 (association de la société civile dominée par le grand patronat) lors de la lutte pour le renversement de Jean Bertrand Aristide...
Un moment Préval...
Bien entendu, il est plus logique de penser que ces derniers auraient donné leur bulletin à un autre candidat plus proche du même secteur: Manigat, Gilles ou Evans Paul...
Mr.
Paul, qui avait démarré sur des chapeaux de roue, a enregistré un fléchissement dans sa campagne au fur et à mesure qu'était reportée constamment la date des élections (4 fois au moins).
La campagne du candidat des sociaux démocrates, Serge Gilles, n'a jamais décollé, en dépit (ou peut-être à cause) de l'appui officiel de ses homologues en France.
Il ne restait par conséquent que M. Manigat, deuxième au palmarès national avec quelque 12% des votes.
Mais les sondages publiés avant le 7 février le donnaient déjà en avance sur le camp Baker.
S'il y a eu un moment Préval, où le candidat a pu faire mouche au-delà de l'électorat Lavalas habituel, ce fut peut-être aux derniers jours de la campagne électorale, quand il se décida enfin à parler dans des médias locaux.
De retour d'une tournée qui l'a conduit à travers les dix départements géographiques du pays, le candidat de l'Espoir a reformulé son programme politique : restaurer la sécurité, avec le maintien de la Minustah et la réforme de la police nationale et de la justice, mais en outre grâce à la collaboration active mais ordonnée de la population, ce pour favoriser le retour des investissements et du tourisme...
Secundo, la refonte des institutions du pays, et sur de nouvelles bases qui s'appellent la concertation, la décentralisation, le refus du pouvoir personnel...
Et avec en toile de fond la constitution de 1987, qui n'a toujours pas été mise réellement en application.
Mais plus que tout il y a ce mélange de modestie naturelle et pourtant de détermination résolue qui émane du personnage.
Enfin, soulignons que c'est encore plus de responsabilité pour le gagnant quand il ne représente pas, comme une certaine presse le répète à l'envi, un seul secteur de la population.
Comme si à chaque décision, il peut se retrouver en situation de conflit d'intérêts.
En même temps, c'est une meilleure chance de réconcilier le pays avec lui-même.
Editorial, Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince